
Kirsten Martens et Lydéric Bocquet viennent de publier en collaboration avec Jean-Louis Barrat de l'université Joseph Fourier à Grenoble un article intitulé Spontaneous formation of permanent shear bands in a mesoscopic model of flowing disordered matter dans la revue Soft Matter.
Certains matériaux désordonnés (émulsions, colloïdes, grains, etc.) répondent à un cisaillement par la formation de bandes de cisaillement permanentes. Qu'est-ce qui est à l'origine de ce phénomène ? Dans ce travail, les chercheurs montrent qu'une origine possible pour l'apparition des bandes de cisaillement qui persistent dans l'état stationnaire est la présence de longs temps de restructuration locale. A l'aide d'un modèle mésoscopique, les chercheurs développent analytiquement un scénario cohérent pour expliquer ce phénomène dynamique, confirmé par des simulations numériques. Ce modèle minimaliste est basé seulement sur une dynamique à seuil et des événements plastiques locaux, qui mènent à une redistribution de la contrainte dans le système. Le paramètre de contrôle, qui permet de passer d'une transition continue à une transition discontinue avec une séparation de phases, est la durée typique des événements plastiques locaux. Ces résultats sont en accord avec un travail récent sur un modèle en champ moyen [Coussot et al., Eur. Phys. J. E, 2010, 33, 183] et avec des expériences sur les émulsions [Becu et al., Phys. Rev. Lett., 2006, 96,138302].